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Trompettes,
trompettes cuivrées
sonnantes, dans l'air vif d'avril qui arque hampes et feuilles lancéolées,
comme oriflammes conquérantes. Cette armée paisible vient d'envahir les prés
vosgiens, les pâtures ardennaises. De redoutables prédateurs, ennemis attirés
par le gain, l'ayant boutée de la plupart des lieux sauvages qu'elle
colonisait jadis, ce sont surtout des cultivars comme celui figuré ici, que
vous
voyez le plus souvent désormais.
Oubliés du même coup, ces bouquets garnis printaniers, jaune et bleu, qui
couraient en gerbes dans les foulées de nos escapades enfantines, goutteux
des sèves mêlées de narcisses et jacinthes des bois, dans l'attente
impatiente et programmée du muguet de mai, à l'épi minuscule encore blotti
dans le cornet bronzé des feuilles tout juste pointées, entre deux averses
neigeuses. Faîtes aussi remembrance de sa présence chez nos voisins poètes
anglais qui l'ont beaucoup chantée.
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